par Annie (77ans) et Francine (74ans)
ECOLE
Les garçons et les filles étaient mélangés, il y avait une classe de petits et une classe de grands (jusqu’au certificat d’études).
ll y avait 2 instituteurs, dont un habitait au dessus de l’école et était secrétaire de mairie après les cours.

A tour de rôle, en arrivant à l’école il fallait aller chercher le bois et allumer le poêle, et le soir il fallait nettoyer la salle de classe.
La journée commençait toujours par de la morale (être poli, aider les gens…).
La cour était devant la mairie et l’actuel parking et allait jusqu’à l’ancienne salle des fêtes (actuellement la crèche des Doudous). La cour était bitumée et fermée par des grilles pointues, il y avait une rangée de gros tilleuls, les WC étaient derrière l’école et là où il y a l’actuelle salle des fêtes c’était un jardin et un potager.
Pour courir il y avait le terrain au bas Pian qui servait également pour les épreuves du certificat d’études.
Les élèves jouaient à la corde à sauter, à la marelle, aux billes, il y avait également un filet de volley ball dans la cour.
Il n’y avait pas de cantine, les élèves rentraient chez eux ou emmenaient un panier repas.
Les livres restaient dans le bureau de l’école, elles se souviennent des plumes sergent-major pour écrire.
La discipline était dure, l’instituteur tirait les cheveux, les oreilles et tapait sur les doigts avec une règle, la punition la plus sévère était d’être enfermé dans une des deux caves qui se trouvent sous la mairie, elles n’y ont jamais été mais en avaient peur.
Elles gardent de bons souvenirs de l’école.
COMMERCES
En face de l’église il y avait l’épicerie Farrazin qui est ensuite devenue Rapin.
A côté de la boulangerie et de la crèche il y avait la charcuterie Trompesauce.
Il y avait également une épicerie en face de la mairie, l’épicerie Relaxans qui vendait de tout, on y trouvait du gaz, de la mercerie, du tabac, des chaussures…
A la boulangerie Richard, on allait chercher le pain mais également la farine.
Il y avait des commerçants qui passaient à domicile, le boucher de Saint-Macaire, l’épicier, le poissonnier et le boulanger.
Le ramoneur passait devant les maisons ainsi que le marchand de peaux de lapins qui se déplaçait en roulotte tirée par un cheval, on mettait les peaux de lapins dans la cendre pour les sécher et on les échangeait contre principalement de la vaisselle qui était accrochée sur la roulotte.
NOURRITURE
Leurs parents élevaient des cochons, des volailles, des pigeons, des lapins… Chez Annie il y n’avait pas de vache, elle allait chercher le lait chez M. Castandet avant d’aller à l’école.
Pour cuire, il y avait un tournebroche et une cuisinière à bois.
Il n’y avait pas de frigo, les aliments étaient conservés dans l’eau tirée au puits ou conservés dans le sel en confits.
Il n’y avait pas encore de yaourts, les desserts c’était des fruits, riz au lait, bouillies, tartes à la braise.
Leurs parents étaient viticulteurs, au milieu de leurs vignes il y avait des arbres fruitiers, ils vendaient ces fruits à un grossiste M. Epagnet qui les vendaient à Bordeaux (poires, prunes, chasselas…)
Ils les vendaient également au marché couvert de Langon (l’actuel espace Nougaro).
MEDICAL
Le médecin était à Saint-Macaire, le docteur Aubac, il se déplaçait à domicile en voiture avec chauffeur.
La pharmacie la plus proche c’était la pharmacie Rogeon à Saint-Macaire, elle était là où habite Mme Cambillau l’ancienne pharmacienne.
Il n’y avait pas encore d’hôpital à Langon, seulement la clinique Sainte Anne, l’hôpital le plus proche était à Bordeaux.
LOISIRS ET FETES
La fête du village avait lieu le 15 août et durait 2 jours, il y avait des forains, un marchand de bonbons et un bal.
Il y avait aussi la fête des vendanges et la fête de mai (mois de Marie), il y avait un reposoir avec des fleurs.
Le curé passait bénir les maisons, les gens, les vignes…
Pour noël elles faisaient le sapin et la crèche, en cadeaux elles avaient des oranges, des pralines, des jouets ( poupées, billes, agates, berlons), il existait une salle des fêtes (actuellement crèche des doudous), Annie et Francine se rappellent y avoir fait le concert de l’école.
Elles faisaient également du théâtre avec l’école, la pièce était jouée à la salle des fêtes, l’entrée était payante et avec les sous elles allaient à l’océan en bus.
Le cercle des amis réunis (où se trouve le bar) était un lieu très fréquenté, surtout le dimanche après la messe.
Le dimanche après midi les jeunes gens se réunissaient devant l’église et partaient ensemble pour aller aux bals de village, c’est comme ça d’ailleurs qu’elles ont rencontré leurs maris.
Travail
A 14 ans, certificat d’étude en poche, elles ont quitté l’école pour aller travailler dans les vignes, elles aidaient leurs parents qui étaient viticulteurs, ils possédaient aussi des prairies pour avoir du foin car les parents de Francine avaient des vaches pour le lait et ils avaient tous des bœufs pour labourer entre les rangs de vigne.
Les gens s’aidaient entre eux pour toutes les tâches importantes comme la coupe des foins, les vendanges, tuer le cochon, faire les confits…
Lavoirs
La famille d’Annie allait au lavoir qui est en bas de Viaud, le lavoir Henriette (qui se trouve sur le terrain de M. Missegue), elle mettait le linge dans une brouette, c’était lourd, c’était épuisant car en plus il y a une côte.
La famille de Francine allait au lavoir de Saint-André mais la source qui l’alimente se trouve à Pian. Toutes les deux avaient une grosse pierre devant la maison pour brosser le linge, elles se servaient également d’une lessiveuse.
L’eau courante est arrivée à Pian en 1968.
Moyens de locomotion
Il n’y avait que 4 voitures dans Pian.
Pour se déplacer c’était en vélo, en mobylette, en train ou en bus.
Religion
Le jeudi c’était catéchisme obligatoire.
Le baptême, la communion privée, la communion solennelle, la confirmation étaient des étapes importantes.
Tous les dimanches elles allaient à l’église pour la messe.
Propos recueillis par Christine GOUGELET association A2PMP
